Bonnes pratiques
Audit accessibilité gratuit : le faire soi-même en 7 étapes
Faire un audit accessibilité gratuit de votre site, sans budget : 7 étapes, des outils sans frais, un tableau des erreurs courantes et les limites à connaître.
Par un auditeur RGAA d’AraspeedPublié le 6 min de lecture
Un audit accessibilité gratuit, c’est possible : en une demi-journée, avec des outils sans frais, vous pouvez repérer la plupart des erreurs visibles de votre site et savoir quoi corriger en premier. Ce premier passage s’appelle un pré-audit, ou une évaluation préliminaire.
Il ne vaut pas un audit complet par un expert, qui reste la référence pour déclarer la conformité de son site. Mais il coûte zéro euro, il se répète à chaque évolution du site, et il évite d’arriver chez un auditeur avec des problèmes qu’un simple test aurait trouvés. Voici la méthode, étape par étape.
Qu’est-ce qu’un audit d’accessibilité, et que peut-on faire soi-même ?
Un audit RGAA vérifie un échantillon de pages, critère par critère, selon la grille du référentiel officiel. Une partie des critères se mesure automatiquement (une image sans alt, une langue absente). Une autre exige un jugement humain (l’alternative d’une image est-elle pertinente ? l’ordre de lecture est-il logique ?).
Faire un audit gratuit soi-même, c’est couvrir toute la partie qui se mesure, plus quelques vérifications manuelles simples. Vous obtenez une liste de défauts, pas une déclaration de conformité. Pour le détail du référentiel, voir notre guide complet du RGAA et la liste des critères.
À retenir : un audit gratuit trouve des erreurs, il ne prouve jamais l’absence d’erreurs. Aucun outil gratuit, y compris Araspeed, ne permet d’annoncer qu’un site est « totalement conforme ».
Comment faire un audit accessibilité gratuit en 7 étapes ?
1. Choisir les pages à tester
N’auditez pas tout le site. Prenez un échantillon représentatif : la page d’accueil, une page de contenu, un formulaire (contact ou inscription), la page de connexion si elle existe, et, pour une boutique, une fiche produit, le panier et le tunnel de commande. Les pages qui comptent le plus pour vos visiteurs viennent en premier.
2. Lancer un test automatique
Passez chaque page de l’échantillon dans un outil automatique. Vous pouvez analyser une page gratuitement avec Araspeed, qui rattache chaque défaut à son critère du RGAA, ou utiliser les extensions axe DevTools et WAVE. Notre comparatif des outils de test détaille ce que chacun vérifie et ce qu’il laisse passer.
Notez chaque erreur dans un tableau : page, critère, description, gravité.
3. Tester au clavier
Posez la souris et parcourez la page avec la touche Tab (Maj + Tab pour revenir en arrière). Trois questions suffisent :
- Voit-on où l’on est ? Le focus doit être visible sur chaque élément (critère 10.7).
- Peut-on tout atteindre et tout activer ? Menus, boutons, champs, fenêtres : tout doit se commander au clavier (critère 7.3).
- Peut-on en sortir ? Aucun piège au clavier, et un lien d’évitement pour passer directement au contenu (critère 12.7).
Le test complet est décrit dans notre article sur la navigation au clavier.
4. Agrandir la page et la réduire
Zoomez à 200 % dans le navigateur, puis affichez la page dans une fenêtre étroite (320 pixels de large, comme un petit téléphone). Le contenu doit rester lisible et utilisable, sans défilement horizontal pour lire un texte, sans élément qui en recouvre un autre.
5. Contrôler les contrastes
Les outils automatiques mesurent bien le texte sur fond uni, mal le texte posé sur une image ou un dégradé. Pour ces cas, la pipette du Colour Contrast Analyser (gratuit) donne le rapport exact. Les seuils sont expliqués dans notre article sur la règle du 4,5:1.
6. Vérifier les images, les liens et les formulaires à la main
C’est ici que l’œil humain apporte le plus. Parcourez la page en vous posant les questions suivantes :
- Chaque image informative a-t-elle une alternative qui dit la même chose que l’image ? Chaque image décorative a-t-elle un
altvide ? Voir l’attribut alt. - Chaque lien est-il compréhensible hors contexte ? « En savoir plus » répété dix fois ne l’est pas (critère 6.1).
- Chaque champ de formulaire a-t-il une étiquette visible reliée au champ, et les erreurs sont-elles expliquées en texte ? Voir le formulaire accessible.
7. Écouter la page avec un lecteur d’écran
Activez NVDA (gratuit, Windows) ou VoiceOver (intégré aux appareils Apple), fermez les yeux et naviguez dix minutes. Vous entendrez immédiatement un bouton sans nom, un titre mal placé ou un message d’erreur muet. Une heure de prise en main suffit pour ce premier contrôle.
Quelles erreurs un audit gratuit trouve-t-il le plus souvent ?
| Erreur | Comment la repérer | Correction | Critère RGAA |
|---|---|---|---|
| Image sans alternative | Outil automatique | Ajouter un alt pertinent, ou alt="" si l’image est décorative | 1.1 |
| Contraste insuffisant | Outil automatique, pipette | Foncer le texte ou éclaircir le fond | 3.2 |
| Lien « cliquez ici » | Lecture à la main | Un intitulé qui décrit la destination | 6.1 |
| Langue de la page absente | Outil automatique | <html lang="fr"> | 8.3 |
| Page sans titre pertinent | Onglet du navigateur | Une balise <title> propre à chaque page | 8.5 |
| Titres mal hiérarchisés | WAVE, lecteur d’écran | Un seul h1, puis h2, h3 sans saut | 9.1 |
| Champ sans étiquette | Outil automatique, clavier | Un <label for> relié au champ | 11.1 |
| Focus invisible | Test au clavier | Ne jamais supprimer outline sans le remplacer | 10.7 |
| Pas de lien d’évitement | Test au clavier | Un lien « Aller au contenu » en début de page | 12.7 |
Exemple de correction fréquente, un champ sans étiquette :
<!-- Avant : le placeholder disparaît à la saisie et n'est pas une étiquette -->
<input type="email" placeholder="Votre e-mail">
<!-- Après : étiquette reliée au champ -->
<label for="email">Votre e-mail</label>
<input type="email" id="email" name="email" autocomplete="email">
Comment organiser et prioriser les corrections ?
Une fois la liste établie, ne corrigez pas dans l’ordre de découverte. Classez par impact :
- Bloquant : ce qui empêche d’accomplir une tâche (formulaire inutilisable au clavier, bouton de paiement sans nom, piège au clavier).
- Gênant : ce qui ralentit ou fatigue (contraste faible, liens vagues, titres désordonnés).
- Mineur : ce qui améliore le confort sans bloquer.
Corrigez d’abord les défauts dans les gabarits (en-tête, menu, pied de page, formulaire type) : une correction se répercute sur toutes les pages. Puis recommencez le test sur l’échantillon pour vérifier que la correction tient.
Que ne remplace pas un audit accessibilité gratuit ?
Un audit fait maison a trois limites à connaître :
- Il est partiel. Les outils automatiques ne jugent pas la pertinence d’un texte alternatif, la clarté d’un message, l’ordre de lecture, ni la qualité des sous-titres d’une vidéo.
- Il n’est pas indépendant. Celui qui a construit le site voit rarement ses propres angles morts.
- Il ne produit pas de déclaration de conformité. Pour afficher un état de conformité, il faut un audit complet sur la grille du RGAA, réalisé page par page ; voir notre article sur la déclaration d’accessibilité. L’outil public Ara, proposé par l’administration, sert à saisir les résultats d’un tel audit et à générer le rapport.
Pour comprendre à quoi s’expose un site qui ne fait rien, voir aussi les sanctions en accessibilité numérique.
Questions fréquentes
Combien de temps dure un audit accessibilité gratuit ?
Pour un échantillon de cinq à huit pages, comptez une demi-journée : une heure pour les tests automatiques, deux heures pour les contrôles manuels, le reste pour rédiger la liste des corrections.
Un test automatique suffit-il ?
Non. Il détecte les erreurs mesurables et laisse passer tout ce qui demande un jugement. Le test au clavier et dix minutes de lecteur d’écran révèlent des problèmes qu’aucun score ne montre.
Faut-il connaître le RGAA pour commencer ?
Non. Les sept étapes ci-dessus suivent les critères les plus courants. Le référentiel officiel est consultable sur accessibilite.numerique.gouv.fr, et la méthode de contrôle préliminaire du W3C, Easy Checks, présente les mêmes réflexes en anglais.
En résumé
Un audit accessibilité gratuit tient en sept gestes : choisir ses pages, lancer un outil, tester au clavier, agrandir, mesurer les contrastes, relire images, liens et formulaires, écouter avec un lecteur d’écran. Il ne remplace pas l’expertise, mais il vous met sur la bonne voie et chiffre le chantier.
Pour démarrer maintenant, analysez gratuitement une page de votre site : vous obtenez la liste des critères en défaut et le code pour les corriger.